Les associations hostiles au développement de cette forme d’énergie prétendent que les éoliennes ont des effets négatifs sur la santé pour trois raisons : le bruit, les infrasons, l’exposition aux effets stroboscopiques.

Le bruit

Les éoliennes installées aujourd’hui (d’une puissance de 2 à 3 MW) se caractérisent par des émissions sonores de plus en plus faibles.

Le volume sonore d’une éolienne en fonctionnement à 500 mètres de distance s’élève, à l’extérieur d’une habitation, à 3 décibels la nuit et 5 le jour, soit l’équivalent d’une conversation chuchotée, tandis que le niveau gênant de bruit se situe autour de 60 dB et les premiers risques pour la santé autour de 90 décibels.

L’impact sanitaire des éoliennes a fait l’objet de plusieurs rapports dont les plus récents ont été publiés en 2017 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) et par l’Académie nationale de médecine. Les conclusions de ces études indiquent qu’ « aucune maladie ni infirmité ne semble pouvoir être imputée » au fonctionnement des éoliennes.

Une enquête réalisée en mai 2015 pour le SER par l’institut de sondage BVA auprès de 900 personnes vivant dans un rayon de 600 à 1 000 mètres de parcs éoliens révèle que 84% des personnes interrogées estiment que le parc éolien est situé à bonne distance. Interrogés également sur les éléments négatifs d’un parc éolien, 1% seulement des riverains évoque les effets sanitaires des éoliennes. Enfin, seuls 4% ressentent une gêne liée au bruit.

Dans un article publié dans la rubrique « Santé » du Figaro début 2015, le Professeur TRAN BA HUY, Oto-rhino-laryngologiste, membre de l’Académie Nationale de Médecine, qui a étudié la question dans de nombreux pays, explique, au sujet de la perception du bruit des éoliennes par les personnes qui vivent à proximité : « il n’y a pas de lien direct entre la présence d’éoliennes et les troubles fonctionnels allégués ».

Les infrasons (fréquence inférieure à 20 Hz)

Les infrasons sont émis par le frottement du vent sur les pales ; ils ne présentent pas de risque sanitaire en dessous du seuil d’audibilité, niveau qui nécessite une intensité considérable. Les infrasons émis par les éoliennes sont largement inférieurs au seuil de dangerosité et, même au voisinage immédiat des éoliennes, l’émission d’infrasons est modérée et sans danger pour l’homme :

  1. Les infrasons, dont la fréquence est inférieure à 20Hz, sont audibles et perceptibles par l’oreille humaine à partir de 95 dB(G) en moyenne ;
  2. A 500 m sous le vent d’une éolienne, les niveaux sonores des infrasons mesurés sont inférieurs (60 dB entre 2 et 20 Hz) au seuil d’audition de ces fréquences (95 dB en moyenne).
  3. Les fréquences infrasonores sont atténuées par l’éloignement par rapport à la source (diminution théorique de 6dB par doublement de distance) ;
  4. La réponse du corps humain aux fréquences infrasonores varie en fonction de leur niveau acoustique. Les perturbations physiologiques n’apparaissent que lors d’exposition à des niveaux sonores supérieurs au seuil d’audition de 95 dB(G). L’exposition d’au moins 1 heure à des niveaux d’infrasons compris entre 95 et 130 dB montre une augmentation de la pression artérielle et du rythme cardiaque. Des stimuli à 85 dB d‘infrasons n’entraînent en revanche aucune perturbation de l’activité cérébrale.

L’ANSES a confirmé en 2013 que les émissions sonores des éoliennes ne génèrent pas de conséquences sanitaires directes, tant au niveau de l’appareil auditif que des effets liés à l’exposition aux basses fréquences et aux infrasons.

Enfin,  le rapport de l'ANSES intitulé "Evaluation des effets sanitaires des basses fréquences sonores et infrasons dus aux parcs éoliens" est en ligne depuis jeudi 30 mars 2017 sous ce lien. Pour information, l' "Avis de l'ANSES", en début de document, en constitue une synthèse très accessible.
Les résultats sont globalement favorables à la filière éolienne, notamment en ce que l'ANSES affirme que "[l]'examen de ces données expérimentales et épidémiologiques ne mettent pas en évidence d'argument scientifique suffisant en faveur de l'existence d'effets sanitaires liés aux expositions au bruit des éoliennes, autres que la gêne liée au bruit audible et un effet nocebo, qui peut contribuer à expliquer l'existence de symptômes liés au stress ressentis par des riverains de parcs éolien".
Elle précise par ailleurs que :

  • la distance d'éloignement de l'habitat de 500m au minimum est suffisante (avec une adaptation au cas par cas selon les résultats de l'étude d'impact acoustique) ;
  • le spectre sonore analysé ne doit pas être étendu (donc pas d'évaluation des infrasons et basses fréquences dès lors qu'aucun impact n'a été prouvé à ce stade) ;
  • accessoirement, les hypothèses relatives au VAD (vibroacoustic disease) ne reposent sur aucune base scientifique sérieuse.

Le rapport recommande en outre de "faciliter le remplacement d'anciennes éoliennes par de nouvelles en simplifiant le processus administratif associé ", lorsque les nouvelles technologies permettent de limiter l'impact acoustique.

L’exposition à un effet stroboscopique

L’effet stroboscopique est un effet de crénelage temporel observable sous un éclairage intermittent, qui crée une gêne due à une succession rapide d’images qui se succèdent à une vitesse plus courte que la durée de persistance des images rétiniennes. Il n’y a pas de risque avéré de stimulation visuelle stroboscopique par la rotation des pales des éoliennes. Il faudrait pour cela une observation fixe et suffisamment longue pour que les variations d’un faisceau lumineux aussi étroit et lointain que celui fourni par la rotation d’une éolienne entraînent un tel effet. Néanmoins, sur ce risque quasi nul, la réglementation ICPE prévoit également des dispositions protectrices pour la santé des riverains.